La reconnaissance et le droit à l’erreur

Bonjour les explorateurs!

Je ne savais pas réellement comment attaquer ce sujet, et finalement mon expérience de ces derniers jours au Cambodge s’avère plutôt inspirante.

Cela fait une semaine que je suis dans la même ville et déjà, je réalise ma seconde location d’appartement. Quel rapport avec la reconnaissance et le droit à l’erreur, me direz-vous? Monsieur n’est-il pas à son aise? Va-t-il revenir en Europe?

Oh que non!

Encore peu familier avec mon nouvel environnement, choisir mon toit a été une expérience intéressante, car particulièrement propice à l’erreur.

Rien de bien méchant néanmoins. Mon premier choix s’est porté sur un sympathique appartement non loin de la rivière Praek Tuek Chhu, légèrement écarté de la ville, ombragé, avec quelques commodités tout autour. Coup de foudre, et après quelques contrôles rapides, je me décide de le louer en tant que deuxième visite.

Sauf que je le regrette vite.

Bestiaire relativement bruyant chez le voisin (disons, plus que la normale locale) adossé au mur dont la fenêtre n’est que finement cloisonnée, invasion de larves de moustiques tigres, sentiment de malaise dû à une atmosphère pesante dans les lieux (j’apprendrais après mon départ que le locataire précédent y est décédé peu de temps avant mon installation!), prise de conscience que finalement je suis trop loin de la ville, et trop bas en anticipation de la saison des pluies.

Il me revient alors de choisir de rester par facilité et de voir mon énergie s’amenuiser, ou de revisiter et déménager quitte à y laisser la caution.

Le choix a été rapide, tout comme la résolution de ce désagrément, en étant cette fois consciemment spécifique et pleinement responsable de la nouvelle recherche d’appartement.

Dans cette situation, il était impératif que je reconnaisse l’erreur et m’applique à une démarche différente pour la seconde recherche.

J’aurais pu me contenter du premier appartement un certain temps, mais sans mécontentement excessif, l’assomption sereine de cette erreur m’a permis de corriger le cap au plus vite et de maintenir la qualité de mon expérience.

« L’erreur est humaine, persévérer est diabolique. »

– Sénèque

J’adore les expérimentations, commettre des bourdes, me tromper… et reconnaître les erreurs par un auto-questionnement régulier.

Attention! Je reste tout de même raisonnable et ne vais pas basculer dans les erreurs excessives et répétées via la même stratégie, en vue d’un objectif particulier.

« La folie c’est de répéter les mêmes erreurs et espérer des résultats différents. Si vous voulez des résultats différents, ne faîtes pas toujours les mêmes erreurs. »

– Albert Einstein

Permettez-vous par moments de décortiquer les statu quos, de mesurer vos progrès avec discipline et objectivité, d’être ouvert-e aux signaux environnants potentiellement symptômes d’erreurs.

Si pour l’instant nous ne discutons que de la réaction aux erreurs, inéluctables, qu’en est-il du bénéfice à leur exposition, contrôlée ou modérée?

Puisque l’erreur est gage d’apprentissage et donc de développement, offrez-vous la possibilité d’expérimenter autour de petits projets. Quotidiennement. Essayez, mesurez, adaptez vos stratégies pour mieux progresser.

Faites de l’erreur votre amie: reconnaissez-la et exploitez son enseignement.

Oui, je vous convie donc à vous planter vous aussi! Sans abus, juste intelligemment et élégamment.

« Erreur est la fille de Réussite. »

– William de Britaine

Pour vous donner plus d’exemples éprouvés, voici quelques autres tranches de vie.

  • J’ai raté à six reprises puis passé mon brevet de pilote d’avion, de justesse à 15 ans. De ces tentatives coûteuses, je revois toute ma méthode et passe par la suite ma licence de pilote à 17 ans, sans faute.
  • En un an de lycée, je ratais tous mes contrôles en mathématiques. On m’a alors poussé à suivre une filière littéraire. Je ne fais plus l’erreur de voir mon enseignement dicté par un seul professeur d’établissement et prend des cours privés. Mon orientation est sauvée!
  • Je fais l’erreur d’exprimer un souhait honnête de faire une mission à l’étranger, à mon manager, après trois mois dans l’entreprise. Erreur? Non. Culot, certainement. Je pars en bons termes, peu de temps après en Belgique.
  • Une équipe de développement et moi-même nous sommes engagés dans un long projet sans visibilité précise, mais dans un excellent climat de confiance et avec des retours réguliers de nos clients. Ce fut probablement l’un des meilleurs projets informatiques auxquels j’ai participé. Les explorateurs et développeurs agiles parmi vous sauront bien sûr de quoi je parle: la conception d’un produit, par jalons de semaines en semaines, dans un environnement aux besoins changeants et soumis aux incertitudes.
  • Au cours d’une réorganisation d’entreprise et compte tenu du non-alignement de mon profil par rapport aux besoins, je m’engage à partir de plein gré et d’assumer un risque financier fort pour élaborer de nouveaux projets, encore flous. Aucune mission adéquate pendant des mois, mais une formidable période de formation et gestation de DEPART!

Maintenant, c’est à vous! Prenez quelques minutes, un papier, un crayon et demandez-vous:

  • Quels sont trois de mes grandes réussites, m’étant exposé-e à l’erreur?
  • Que fais-je aujourd’hui avec répétition et qui ne semble me servir? Serait-ce le produit d’une erreur?
  • Quelle expérimentation puis-je lancer, maintenant? Cette toute nouvelle idée eue ce matin, une ébauche de ce projet qui me tient tant à cœur depuis si longtemps?

Si le cœur vous en dit, partagez en commentaire vos réflexions. Les lecteurs et moi-même seront ravis d’échanger autour de nos expériences respectives.

Belles erreurs à toutes et à tous, à très bientôt!

Romain

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